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Point
de vue de l'organisateur |
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Les lycéens du littoral Nord-Pas-de-Calais ont bien de la chance. Certes, ils consomment sans doute autant de Coca Cola, de scénarii débiles et de slogans publicitaires que tous les autres lycéens des régions soit-disant privilégiées de la planète, mais ils peuvent aussi se décrasser l'esprit, s'ouvrir à d'autres paroles que celles sous lesquelles notre société de sommation sournoise, de castration généralisée, nous ensevelit un peu plus chaque jour. |
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La poésie est un langage de résistance. Langage par lequel chacun peut se redonner un peu de la voix qu'on lui vole. A condition, bien entendu de ne pas la confondre avec ce sentimentalisme fade et insipide, cette pseudo-élévation de l'âme vers les nuages et les petits oiseaux, vers le côté gentil et riquiqui du monde ou avec ces indignations de convenance, ces dénonciations de seconde ou de troisième main par lesquelles certains croient toujours se mouler dans le bronze d'Hugo, quand, en réalité, on les voit s'avachir, dans le feutre brodé des pantoufles prud'hommesques.
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Les
lycéens du Nord-Pas de Calais ont donc bien de la chance,
eux qu'on ne nourrit pas des sucreries à la mode. Pour
eux, pas de petites gorgées de bière. Il y a maintenant
six ans, la ville de Boulogne sur mer a accepté de doter
le Prix des Découvreurs de Poésie, pour faire
honneur au passé entreprenant de la ville - qui a quand
même, entre bien d'autres, donné naissance au premier
roi franc de Jérusalem, à quantité de marins,
comme de capitaines qui sont partis aussi pour les courses qu'on
sait, sans oublier Sainte-Beuve qui ne fut pas seulement le
vilain bonhomme qui se vengeait sur leurs femmes, des génies
qu'il jalousait, mais un grand laboureur du terrain littéraire.
Depuis des lycéens de différents établissements,
non seulement de la ville, mais encore de Dunkerque, Calais,
Arras ou Saint Omer, se lancent dans la haute mer poétique.
Ils affrontent les courants les plus variés qu'ils se
nomment, venus du nord : Jean Pierre Verrhegen, du sud : Serge
Pey ou Bichet, de l'est : Pascal Commère, sans oublier
d'autres grandes houles baptisées Cartier, Roubaud, Jean-Paul
Michel
ou Bernard Vargaftig
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L'auteur entend souvent pour la première fois quelques uns de ses textes lus par des voix candides et véritablement naissantes...
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Qu'importe alors qu'ils aient choisi Gérard Noiret, Pascal Commère, Ludovic Janvier, Mohamed Dib ou Valérie Rouzeau pour leur remettre, par premier magistrat interposé, la somme de 1500 euros qui revient au lauréat, qu'importe aussi que tous ne puissent pas se déplacer pour assister ce jour là, à la toujours émouvante cérémonie où l'auteur entend souvent pour la première fois quelques uns de ses textes lus par des voix candides et véritablement naissantes ; ce n'est pas fondamentalement ce choix toujours trop difficile qui compte. Compte en réalité qu'ils furent un certain nombre, chaque année plus d'une centaine, et toujours volontaires, à se pencher sur des textes proclamés par tant d'autres, et parfois agrégés de lettres, férocement inaccessibles ! Et à y trouver du plaisir. Et matière à réfléchir. A découvertes.
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Ainsi, par la simple conjugaison d'une curiosité d'enfant et d'une audace adulte, conjugaison rendue possible, il faut le rappeler, par une volonté politique, existe un peu plus, chaque année, la parole, la parole poétique. Celle qui touche et affranchit. Combat. Annonce aussi des avenirs moins sombres. Interdit de désespérer.
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Georges Guillain
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avril 2001, texte réservé |
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| Depuis cette date, la participation des lycéens, grâce au soutien du Printemps des Poètes, s’est élargie à l’ensemble des Académies de France. |
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