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Li-Hill, James Bullough et Onur allient leur talent dans une symphonie du temps et de la mémoire
Catégorie(s) : Actualité
C’est une première pour eux. Et bien sûr, un évènement unique pour la sixième édition du festival Street Art. Les artistes Li-Hill, James Bullough et Onur se sont associés pour réaliser deux doubles fresques rue Laennec. Quatre murs où il est question de vie, de mémoire mais aussi de respect de l’environnement et de développement durable.
Publié/Modifié le : 30/07/2021

On touche là au cœur de l’art urbain. Un art ouvert à tous et qui parle à chacun. Une démarche individuelle et collective. En décidant de créer pour la première fois à trois, Li-Hill, James Bullough et Onur se sont lancés dans une aventure artistique unique. Et pour l’accomplir, il fallait l’endroit parfait. La configuration de la rue Laennec a joué pour beaucoup en offrant le cadre idéal aux perspectives. Situés dans deux parties différentes de cette rue qui forme un « U », les quatre murs vont se répondre deux par deux et développer leur philosophie propre mais aussi une idée commune autour du temps qui passe.

Les deux premières fresques symbolisent la vie et la mémoire tandis que quelques mètres plus loin, c’est un message écologique qui a pris place avec la double perspective d’une mer nourricière qui pourrait disparaître sous l’effet de l’action de l’homme.

Li-Hill, Onur et James Bullough vivent tous les trois à Berlin

Une histoire d’amitié

Un projet profond qui anime les trois hommes qui se connaissent et s’apprécient depuis longtemps. « Nous venons de différents pays mais nous vivons tous à Berlin » explique l’américain James Bullough. « Nous sommes amis depuis de nombreuses années. Nous avions déjà réalisé des fresques à deux mais jamais à trois. Travailler sur quatre murs en même temps est quelque chose d’assez magique. Surtout dans cette configuration où on peut se placer au centre de la rue et observer cette perspective qui va unir les deux fresques en une seule image. Autant vous dire qu’on a discuté pendant des heures pour définir et fixer notre idée. On a dû mettre sur papier une vingtaine de projets avant de garder le meilleur. »

Une philosophie

Le déclic ? Le regard de l’habitant. « On a pensé à tous les riverains qui allaient se lever et partir travailler tous les matins en regardant ces murs » enchaîne Onur. « La notion du temps qui passe nous a paru la bonne. On a donc décidé d’associer les habitants. On a eu la chance d’être invité chez eux et de beaucoup discuter et échanger. La première idée est venue comme ça. Nous avons confectionné un bouquet avec toutes les fleurs qu’ils nous ont donné. Doucement, jour après jour, les fleurs se fanent, symbole du temps qui passe. Nous avons pris en photo le bouquet chaque jour. Les fleurs qui disparaissent sont un peu comme les fantômes du passé. Quelle est notre mémoire par rapport à ce que nous avons vécu, aux gens que nous avons connu ? Quelles images et instants de vie gardons-nous ? Les personnes et les moments dont nous nous souvenons continuent de vivre en nous. Personnellement, cette double image me fait penser à mon père mais chacun, en fonction de sa propre histoire, y trouvera un écho particulier. On peut aussi juste y voir de belles fleurs. »

Quelques mètres plus loin, le retour vers la rue du Chemin Vert offre une perspective vers… la mer. Pas la Manche qui se trouve derrière l’horizon des immeubles mais celle qui disparait sous l’effet des actions humaines. « Là-aussi la notion de temps est centrale » continue Onur. « A droite, on retrouve la mer des origines, bleue et remplie de poissons. A gauche, elle s’est transformée en sol craquelé. Le pêcheur est suspendu et quand tu croises les yeux, il se retrouve sous la ligne d’horizon de l’eau. » « L’image du bouquet est davantage philosophique tandis que la seconde fresque traite clairement de l’environnement » enchaîne Li-Hill. « A droite, nous avons le passé symbolisé par une mer remplie de poissons. A gauche, la mer est devenu un sol craquelé. C’est une vision possible de l’avenir. Le présent est au centre. C’est à nous de le construire. Si tu oublies l’importance de la terre, la vie n’est pas possible. »

Trois techniques pour créer un style unique

L’idée fixée, place à la réalisation. Forcément, tout un art pour ces trois amis qui n’ont jamais réalisé pareilles œuvres auparavant. « On a la chance de bien se connaître et on connaît la vision des choses et les spécificités de chacun » poursuit Li-Hill. « Ensemble, nous réalisons aussi une œuvre qu’on n’aurait jamais pu faire seul. C’est aussi quelque chose de rare dans le monde du graffiti où souvent chacun a son mur ou une partie de mur. Quelque fois, les artistes collaborent mais rarement sur une si grande surface. Sur ces quatre fresques, Onur travaille sur le fond pour créer l’atmosphère, je poursuis sur les détails et James apporte de la force et joue sur les focus. »

« Travailler ensemble et allier nos techniques est le plus gros challenge » renchérit Onur. « On peint tous ensemble mais ce ne doit pas être un patchwork. Quand tu te connais, tu sais ce que tu dois peindre. C’est comme un « bœuf » entre différents musiciens. Chacun maitrise son instrument et connaît sa partition. Le tout crée une mélodie ».

Une vraie symphonie du temps à contempler rue Laennec.

Li-Hill
James Bullough
Onur

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