Borondo transcrit la vie, ses histoires et ses sentiments rue Jules Baudelocque
Catégorie(s) : Actualité
L’artiste espagnol Borondo a réalisé un trompe l’œil d’une richesse unique à découvrir rue Jules Baudelocque.
Publié/Modifié le : 28/08/2020

Borondo sait prendre son temps. Chez lui, pas question de débarquer pour peindre un mur en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. L’expression artistique de l’espagnol nécessite de s’imprégner d’un contexte. C’est ce dernier qui crée une œuvre qui évolue avec l’espace. Une œuvre parfois discrète mais toujours profonde.

« Dans tous mes projets, le processus de création se fait en plusieurs étapes » confie Borondo, assis sur les marches de son œuvre naissante. « J’ai besoin de connaître le lieu où je vais peindre, de ressentir l’atmosphère de la ville, de discuter avec les habitants et notamment ceux qui vivront à côté de mon travail. Pendant trois jours, j’ai découvert Boulogne-sur-M, ses monuments et ses habitants. » Le Musée, la crypte, la Basilique Notre-Dame et le centre national de la Mer Nausicaà ont été autant de lieux de visite. Les échanges avec les riverains de la rue Jules Baudelocque ont également été nombreux. « Il ne s’agit pas d’acquérir un savoir mais plutôt d’un ressenti qui infuse avant de commencer à peindre. »

Place ensuite à la création. « L’idée principale est de créer l’illusion d’une porte qui serait comme une limite à franchir » explique l’artiste. « Mais cette limite est avant tout mentale. » Perpendiculaire au boulevard Clocheville, la rue Jules Baudelocque présente la particularité d’être en escalier, composée de six paliers. Et c’est là où le contexte prend tout son sens. « Les marches sont une métaphore » confie l’artiste. « On monte, on progresse, on apprend ». Un apprentissage qui ne se fait jamais sans obstacle ni contrainte. C’est dans ce sens que les marches de la rue, observées à distance, depuis l’angle avec le boulevard Clocheville, se transforment en grille… fermée. « Dans la vie, il faut persévérer » poursuit Borondo. « La curiosité doit nous pousser. La grille est-elle vraiment fermée ? De quoi est-elle constituée ? Vers quelle route mène le chemin derrière ? Il faut aller voir de plus près et chercher l’envers du décor. Et quand tu as dépassé ta première impression, tu te rends compte que c’était simple. Avancer et finalement gravir cet escalier qui paraissait au départ inaccessible est une métaphore de la vie. La curiosité peut aussi être associée avec la prudence. Un message qui vaut également pour celles et ceux qui empruntent cette rue en descendant. »

Au-delà de ce magnifique trompe l’œil qui, pour être totalement admirer, doit s’observer depuis le bas de la rue Jules Baudelocque à l’angle avec le boulevard Clocheville, la création de Borondo est multiple. De nombreuses histoires, références, réflexions et sentiments bien réels s’entremêlent pour constituer cette porte imaginaire. Pour cela, il faut s’approcher d’un peu plus près… « J’aime que les gens continuent de découvrir l’œuvre en se rapprochant » reprend l’espagnol. « Des images mythologiques prennent place sur les marches. Elles font partie de mon univers et de ce que m’inspire Boulogne-sur-Mer. J’aime qu’on découvre des choses que l’on n’avait pas vues au départ. Que les gens prennent le temps d’observer en détails. Le fait d’être à côté d’une école m’a également inspiré ces personnages et histoires. Je pense qu’elles peuvent être l’occasion pour les enfants de se créer leur propre univers. »

Les murs qui surplombent les paliers ont également beaucoup de choses à nous raconter. « J’ai choisi des images issus d’œuvres venus d’horizons et de pays divers illustrant les différentes cultures primitives. Chaque mur a une signification. Il représente l’étape d’une construction. Premièrement « la fureur » qui est la première impulsion, l’instinct de vouloir faire quelque chose et d’exprimer une idée. Ensuite vient « la tempérance » qui est une réflexion sur la pulsion précédente, le moment où l’artiste met son imagination au service de l’idée. En troisième position arrive « le libre arbitre ». C’est là que l’expérience commence. L’artiste joue avec les possibilités et prend en compte le contexte avant que « La conscience » n’enchaîne. Après avoir esquissé les chemins imaginables, nous devons choisir lequel représente le mieux la pulsion initiale. En poursuivant ce chemin, l’artiste et le chemin ne font plus qu’un pour créer une « harmonie ». Enfin « le rien et le tout » montre que la dernière phase de l’ascension est atteinte. Le processus de création se termine. Mais terminer un chemin signifie seulement être prêt pour en débuter un autre… » qui débute donc au septième niveau de la rue Jules Baudelocque.

Une véritable œuvre d’art à admirer sous toutes ses formes.

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