Si ce n’est pas une nouveauté, c’est un beau retour. Flag, jeune artiste boulonnais qui avait mis le premier sa patte sur le mobilier urbain, revient quatre ans après pour donner une nouvelle vie aux coffrets électriques qu’il avait été le premier à habiller. Cette fois, place au poulpe, animal qui affiche ses émotions sans fard.

Quatre années ont passé. Un temps mis à profit par l’artiste Flag pour faire évoluer sa philosophie et son art. « Depuis un an, je me suis fixé un cap et une vraie démarche artistique » confie celui que les Boulonnais connaissent aussi sous le nom de Jérôme Villain. « Transmettre des émotions, mettre en avant les relations entre les êtres humains et l’importance du vivre ensemble. Nous sommes dans une société qui manque d’empathie. Pris par les technologies, les gens font moins attention aux autres. On vit aussi dans une société où on doit cacher ses émotions. Quelqu’un en colère va faire peur, une personne trop joyeuse va être perçue comme agaçante. Si tu es trop sage tu es insipide… » Tout le contraire de ce que cherche à transmettre l’artiste. « C’est pour cette raison que j’ai choisi de représenter un poulpe qui, lui, ne cache pas ses sentiments. Selon sa couleur et sa position, on sait tout de suite ce qui l’anime. »

A vous maintenant de deviner ce qui se passe dans l’esprit de cet invertébré qui a pris place sur six faces des coffrets électriques situés rue de la Lampe et Grande Rue. Pour vous aider, l’artiste vous guide. « Le vert représente la sérénité, le rose l’amour, le rouge la colère et la peur, le bleu la tristesse et le jaune la joie. Le dernier représente un ensemble de sentiments pour un esprit sage et en paix. Les fonds bleus sont eux le symbole de la mer et ses remous, comme les aléas d’une vie. »

Côté technique, place aux bombes et au pochoir. « J’ai fait un long travail d’étude pour connaître les mouvements et positions des poulpes » reprend Jérôme Villain. « J’ai ensuite traduit ça en maquette et créé un support cartonné pour constituer mon pochoir. On a fait ça en famille avec ma fille Abby-Gaëlle qui s’est éclaté à me donner un coup de main. »

Avec une réussite qui donne déjà des idées à Flag : « Le but serait d’évoluer sur une série de toiles dans la même démarche avec un jeu de couleurs très années 80. » A découvrir bientôt.

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