Intégrée aux marchés public, la clause d’insertion permet de réserver une partie des heures de travail à des personnes éloignées de l’emploi. Au-delà d’une action ponctuelle, c’est tout un parcours qui se met en place pour retrouver le chemin de la vie professionnelle mais aussi de l’estime de soi.

Christophe Hiart, 48 ans, est tout sourire. D’une nature timide, c’est dans l’action que cet ancien demandeur d’emploi s’exprime le mieux. Des qualités qui lui ont permis aujourd’hui d’enchaîner différentes missions sur les chantiers (extension de Nausicaà, jetée du port, intervention sur les rails SNCF, Hôpital Duchenne, rénovation du théâtre Monsigny et aujourd’hui la réhabilitation de logements rue Felix Adam) pour un retour à l’emploi par étape grâce à l’action d’acteurs fédérés autour de l’AMIE (Association Mission Insertion Emploi) et le pilotage de la clause d’insertion insérée dans les marchés publics lors de la réalisation d’important travaux.

« C’est une volonté politique forte d’intégrer l’insertion professionnelle lors de la mise en place de nos marchés publics » explique Philippe Beaujard, conseiller municipal délégué à l’emploi, la formation et l’insertion professionnelle. « Aider les gens à retrouver un travail, c’est leur permettre d’être à nouveau autonome. Et l’autonomie, c’est la plus belle des libertés. »

Concrètement, une étude de faisabilité est réalisée avec l’AMIE du Boulonnais afin de rédiger les pièces du marché qui feront partie de l’appel d’offres. Les entreprises qui souhaitent remporter le marché s’engagent alors à intégrer des heures d’insertion professionnelle dans la mise en œuvre de leur chantier. Une contrainte ? « Plutôt une réussite » confie Laurent Bondois, directeur de la société Novebat. « Cela nous permet de détecter des profils intéressants qu’on aurait pas été chercher par nous-même. » Et quelque fois un vrai tremplin. « Si la personne est engagée complètement dans les missions confiées, elle peut évoluer dans ses tâches et décrocher un CDI. C’est du gagnant - gagnant ».

L’objectif est alors entièrement atteint. Mais encore faut-il trouver les profils adéquats. C’est alors que l’AMIE propose plusieurs CV à l’entreprise. Direction ensuite l’opération en cours sous la responsabilité du chef de chantier : « Les premières choses que l’on attend sont la ponctualité, l’écoute, la volonté de s’intégrer à l’équipe et de s’engager sur les actions du chantier » explique Julien qui supervise les travaux de réhabilitation de logements par Habitat du Littoral rue Felix Adam. « Etape par étape, on avance ensemble. Par exemple monsieur Hiart a commencé comme manœuvre avant d’évoluer sur de l’aide au coffrage. »

Une montée en compétence qui rime aussi avec un bien être personnel. « Dans la vie, on est vu comme le bénéficiaire du RSA » confie Christophe Hiart. « C’est assez stigmatisant. Travailler sur un chantier, échanger avec les collègues et réaliser des missions nouvelles, c’est quelque chose qui redonne de la fierté. On se sort de l’engrenage et on s’épanouit. C’est vraiment magnifique d’avoir rencontré des gens qui vous ouvrent les bras. On redevient indépendant. » De quoi voir l’avenir avec le sourire. « La suite ne peut être que plus belle. »

En 2021, l’AMIE a accompagné la réalisation de 64 642 heures d’insertion professionnelle.

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