Après une participation lors des « ça me dit urbain » en 2021, Mélissa Follet a cette fois réalisé une œuvre de sept mètres de haut rue des Victoires. Une première pour l’artiste qui rend un bel hommage au monde aquatique et à la protection des animaux à travers la création d’un poisson combattant métamorphosé par la main de l’homme. Une oeuvre qui pose une question : la beauté à quel prix ?

La première acquisition 2022 du Musée en plein air boulonnais est achevée. Une fresque signée Mélissa Follet qui tient à passer un message à travers la réalisation d’un poisson très graphique mais à l’histoire singulière. « J’ai choisi de représenter un poisson combattant pour son évolution » explique l'artiste. « A l’origine, il vient d’Asie du Sud-Est. Il a été domestiqué au XVème siècle en Thaïlande où des combats entre deux mâles étaient organisés autour de paris sportifs. Il était tout petit et vert avec une petite queue. Aujourd’hui, son aspect en fait un poisson totalement différent. Suite à l’action de l’homme, sa queue a changé et grandi pour devenir le voile que l’on connaît aujourd’hui. C’est devenu un poisson très beau et donc très commercialisé. Une beauté acquise à quel prix ? D’autant que certaines personnes placent deux mâles dans le même aquarium et les deux poissons s’entretuent. »

Un coup de projecteur sur le monde animal, sa connaissance et son respect, important pour l’artiste. « J’aime montrer la beauté du monde sauvage dans mes peintures. » Un poisson qui symbolise aussi un double message. « Nous sommes tous des combattants » confie dans un sourire Anthony Beauvois du Balto dont le mur a servi de tableau à l’artiste. Chacun d’entre nous doit faire face aux obstacles placés par la vie.

Côté style, on retrouve le jeu de clair-obscur, signature de l’artiste autour du crédo : le noir met le blanc en lumière. Il dévoile une partie visible. Le reste est suggéré et se devine.

Exceptionnellement cette fois-ci, pas de noir mais un bleu très profond. « C’est un hommage à Boulogne-sur-Mer qui utilise cette couleur dans son logo et à l’image de cette ville tournée vers la mer. » Boulogne, une ville qui tient très à cœur à l’artiste. « C’est vraiment un honneur et une fierté de participer au festival et de figurer parmi tous les grands noms qui sont passés ici. J’étais un peu angoissée mais confiante en même temps. Venir l’année dernière était déjà quelque chose d’incroyable pour moi. Ici, les gens sont très ouverts et aiment partager. Ça fait du bien. Je souhaitais vraiment réaliser mon premier mur à Boulogne-sur-Mer. »

Pour cela, la street-artiste, peu habituée au grand format, s’est entraînée spécialement. « Mon encadreuse m’a prêté un mur. Et cela s’est passé très naturellement, sans difficulté. J’aime m’adapter au support. Ici, il est très granuleux ce qui permet de faire ressortir les dégradés. »

Au terme de quatre jours, placée à 7 mètres de haut, casque vissée sur la tête avec les rythmes de Phil Collins, I AM ou Oxmo Puccino dans les oreilles, ou plus près du sol prête à échanger avec les passants, Mélissa Follet a mis la touche finale à sa fresque avec une belle émotion. La signature symbolique devant ses proches et passants a fait un peu trembler la main de l’artiste qui gardera longtemps ce beau souvenir en mémoire.

La première œuvre du festival est dévoilée, au public maintenant de se l’approprier.

Le kiosque

Les sites de la ville