Le Street Art, c’est aussi le plaisir des murs cachés. Ceux que l’on découvre par hasard ou qui nécessite un peu plus de perspicacité pour être admiré. C’est le cas de l’œuvre de John Wentz. Perfectionniste, passionné et à l’esprit grand ouvert, l’artiste américain conçoit ses œuvres comme un « cadeau de beauté » aux habitants. N’hésitez donc pas à faire un crochet par la rue Farinette pour admirer ce présent.

Un vrai personnage. Petit, le regard intense, John Wentz vit son art à 100%. Et quand la possibilité de participer au festival boulonnais s’est présentée, il n’a pas hésité. « Etre ici est incroyable ! Rien que l’idée de ce festival est génial » confie l’artiste. « On ne trouve pas beaucoup de festival Street Art aux Etats-Unis. Et quand on voit le calibre des artistes qui sont passés ici, c’est juste phénoménal. Rien que cette année, il y a des artistes qui font partie de mes idoles. Il y a en a beaucoup que je suis depuis longtemps comme Akut ou Borondo. »

C’est donc « un grand honneur » d’être présent à Boulogne. « Même si j’ai vécu à Paris pendant cinq ans, venir dans un autre pays pour peindre et réaliser une œuvre représentent beaucoup pour moi. En tant qu’artiste, vous faites ça pour les gens. Et penser que quelqu’un vient pour regarder mon travail, mon art, c’est juste magnifique. C’est aussi énorme de pouvoir échanger et se connecter avec le public. »

Une connexion qui va s’inscrire dans le temps autour de cette œuvre tout en contraste. Un visage est rapidement apparu, les yeux mi-clos. Dégageant une expression de douceur dans un mouvement artistique, un pas de danse. Inspirés par la peinture classique, l’abstraction et la photographie réaliste, les visages réalisés par John Wentz cassent les conventions et codes habituels. Pour l’américain, bien avant le résultat final, c’est le processus qui compte. Et à voir, sa concentration et ses postures d’observation, on sent que l’artiste va chercher au fond de lui ce qu’il veut exprimer. « Les trois dernières années ont été vraiment difficiles pour moi. J’ai essayé d’apprendre de ces moments et d’apporter de la beauté dans des temps qui ne sont pas faciles. J’aime représenter des œuvres figuratives avec ce grand cadre noir. L’idée est de faire ressortir des couleurs, un personnage qui apportent de la joie, de l’amour, de la poésie. Je ne fais pas de messages politiques. Je veux apporter « du beau » dans la ville. »

Adepte du pinceau comme son modèle Antonio Lopez Garcia, l’artiste compose autour de signes qui ont attisé bien des curiosités. « Ce sont juste mes marques ! » rigole le muraliste. « Elles me donnent des repères pour créer plus rapidement. Mais c’est intéressant car quand je peins en France, on me pose toujours la question. A Paris, les gens m’ont demandé si c’était des symboles magiques ou des signes religieux. Mais c’est juste mon chemin vers la création. »

Une création qui se dévoilera entièrement dans quelques jours et qui ne manquera pas de faire rêver.

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